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COMMENTAIRES SUR LA TELEVISION CONTEMPORAINE

  • LUDWIG VON ZEEGER
  • 31 juil. 2016
  • 45 min de lecture

Petite Séquence Audio-Vidéo

Hors-Série Indispensable…

– Quelques Fines Observations Télévisuelles

Personnelles du meilleur goût

dont j’espère que vous dénoterez toute la pertinence de facto –

Lundi 14 mai 2006.

Ce jour-là, j’allume la télé à vingt heures pile. J’ai décidé pour une fois de ne pas regarder les « Guignols de l’Info » et de zapper sur les informations de TF1. D’abord, ça parle de viols sur mineures : une fille d’à peine seize ans, draguée dans une boîte de nuit et droguée au GHB, a été sauvagement violée par des fils de bourgeois qui revendiquent philosophiquement la pratique du viol comme extension du domaine de la suprématie sociale par signe de protestation à l’encontre de la médiocrité actuelle des premières personnes que l’on a l’occasion de rencontrer (symbolique très intéressante, on est en plein lacanisme.) Après, ça parle d’Internet qui est, au-delà de consister en un vaste dictionnaire ou une manne quelconque de l’Esprit, « dangereux pour les enfants », comme tout le monde sait (exemples d’une pornographie facilement accessible, sites de confessions d’adolescentes « gothiques » suicidaires, scènes obscènes, si j’puis dire, de l’Inconscient contemporain ou d’un inconscient parmi d’autres, scarifications réelles ou abstraites (c’est comme on veut), univers vampirique qui serait « pernicieux » pour la jeunesse déjà naturellement désorientée par l’intoxication de télé, de radio et de ce putain de portable dont les SMS échangés sont une honte quotidienne infligée à l’orthographe et à la grammaire de notre langue, et à côté de l’ensemble de ces médias, tout l’harassement, la vacuité et le stress que cela implique dès le départ…et caetera. Malgré notre croyance au progrès des moyens de communication, nous sommes tous encore plus séparés les uns des autres et la solitude n’en est que plus forte…) Ensuite ça parle de consommation de cocaïne en pleine recrudescence et de ses effets néfastes sur la psychologie. Les flics auraient fait une prise de soixante-quatorze tonnes de cocaïne déjà cette année et on la voit consciencieusement analysée en laboratoires avec les masques, les combinaisons et les gants et tout. Puis, ça continue, ça parle d’agressions à coups de couteau des membres du personnel d’un hôpital psychiatrique par des patients déséquilibrés et quérulants ; on évoque aussi le phénomène récent depuis quelques années déjà du « Happy Slapping » qui consiste dans le fait, pour des ados peu recommandables, de filmer arbitrairement une agression sur le premier quidam venu dans la rue ou dans les transports en commun avec un portable – ce qui, quelques semaines plus tard, sera corroboré avec l’affaire concernant ces lycéens marseillais qui avaient filmé la tournante d’une collégienne de quatorze ans qu’ils avaient faite ensuite chanter et contrainte ultérieurement au viol collectif, toujours avec la micro-caméra du portable, ce « moyen de communication » qui, au même titre qu’Internet, est la maladie de la jeunesse actuelle, son « progrès ». Et enfin, pour finir, ça parle de terrorisme corse ; cette fois-ci, un type qui luttait pour l’indépendance de sa région se serait fait explosé la gueule lui-même avec son propre matos dans son jardin (et je ne sais même plus si Yvan Colonna avait été arrêté cette année-là ou l’année précédente, peu importe…) – tout ça dans le même journal sur TF1. C’est du lourd, c’est du très très lourd ; il vaut mieux avoir l’estomac bien accroché au dîner avec les « vieux » devant le téléviseur Panasonic qui ainsi dégueule…


Juin 2001.


Il y a aussi bien évidemment ce que l’on désigne comme étant de la « télé-réalité », c’est-à-dire « l’une des choses les plus inférieures dans le sentiment humain qui existe. » Je me souviens que, durant le début de l’été qui précédait le 11 septembre 2001, je disposais fastueusement d’une certaine quantité faramineuse de cannabis, et, tout au long des épisodes de « Loft Story » n°1 dont les meilleurs moments (si j’ose dire) étaient diffusés à une heure du matin sur cette saloperie de M6, je passais le plus clair de mon temps à rouler des pétards l’un sur l’autre devant l’émission en question dont je vous dispense de l’évocation des détails les plus prosaïques. Le fait est que je m’étais fait entièrement le premier « Loft » en fumette, ce fut complètement possible, je n’voyais pas quel était l’problème, « les deux allaient très bien ensemble »… « C’était donc vrai… ! » ― et même le souvenir que j’en garde est rétrospectivement et affectivement mémorable, un véritable instant d’héroïsme comme il n’en existera jamais plus tant notre époque actuelle, à présent saturée de ces « jeux du cirque romain pour gladiateurs pédérastes », est encore plus nulle qu’à cette période qui fut « pré-11 septembre 2001 », si je puis dire…(et aussi – nous savons tous très bien que les gens les regardent pour « se foutre de leur gueule volontairement », que ces « lofteurs », c’est-à-dire des espèces d’acteurs publics décadents, sont ainsi dès le départ comme condamnés au ridicule « parce que tout le monde se focalise sur eux de la façon la plus étrangement arbitraire qui soit ; puis, ils filent ensuite chez le psychanalyste parce qu’ils ont diversement l’impression de s’être fait violer.) Et, effectivement, comme le disait lui-même l’ex-directeur de TF1 (qui n’est pas bien différente de M6 ) au sujet de sa chaîne : « Nous préparons les cerveaux… Nous faisons du temps disponible pour vendre du Coca-Cola… On est là pour créer des espaces pour la pub…» Et il s’est avéré qu’en effet je ne pensais pas à grand’chose, que c’était bel et bien le meilleur moyen de se vider la tête, de voir ces gugusses enfermés dans des situations ordinaires toutes plus banales et pseudo-pornographiques les unes que les autres où le voyeur que j’étais, par exemple, (pour n’en citer qu’un) attendait, dans cette mini-réalité, filmée comme avec des caméras de surveillance et dont la règle du « jeu » laissait libre cours à je n’savais trop quoi d’expérimentalement recherché, que quelque chose indeed, par exemple de bien obscène ou de bien sanglant, eût pu bien se passer (voire que quelque chose ou quelqu’un eût pu en torpiller ou en noyauter de l’intérieur le concept qui, par définition, demanderait en quelque sorte à être noyauté dès le départ, de la même façon qu’une proposition de ce genre eût été éventuellement acceptée et agencée aux besoins de l’audimat par les responsables ou les « concepteurs » du programme eux-mêmes.) Et, pendant tout ce temps où je m’étais joyeusement anesthésié devant cette connerie, je mangeais, fumais, buvais, me tordais d’un rire, obscène, odieux et médiocre, face aux saynètes festives de cette misère morale de l’Esprit Humain « qui partouze avec lui-même, ainsi qu’ avec d’invisibles voyeurs. » Et je pensais, inlassablement : « Imagine effectivement qu’ils tuent un des participants en direct et qu’après les gens votent pour ou contre l’accusé au téléphone en envoyant des SMS. » Et je pense également à ces gugusses qui, tous les jours, devaient déféquer en se posant la question : « Suis-je observé dans les chiottes ? » et qui, de toute façon, auraient pu tout de même avoir plus de « talent » et de « Mana » que ce que je vis de leur part, comme, pourquoi pas ?, le fait de partir complètement en vrille et d’exécuter dès lors un spectacle moralement encore plus réjouissant et irrespectueux dont je n’ai pas le temps ici de vous décrire tous les détails paranoïdes et scabreux qui me viennent à l’esprit, je veux dire « à partir du moment où un mec sait qu’il est filmé en permanence et vu par tout le monde…(« Si ça avait été moi, j’aurais fait carnage ! Une putain d’émission pour une putain d’année et un putain d’été ! C’est délire ! » « C’est clair ! »)…Et, quoi qu’il en soit, il reste à ce sujet une question morale essentielle (qui concerne aussi ipso facto les gens sur les réseaux sociaux) : que doit-on penser – encore actuellement – de tous ces pauvres cons et autres jeunes trous du cul qui font de la télé-réalité par arrivisme et pour être absolument « célèbres » sans aucune véritable raison alors que tout le monde sait qu’ils ne seront toujours personne et qu’ils s’infligent à eux-mêmes l’un des plus grands déshonneurs qui soit en s’exposant publiquement de cette façon ? D’ailleurs, c’est la même chose que lorsqu’une belle américaine de vingt ans va faire des concours de strip-tease ou de t-shirt mouillé durant le Spring Break ; elle gagne le concours sur la scène devant un public chauffé à blanc et ivre, et, qui plus est, elle sort de la boîte avec ses amies en disant à la caméra : « …De toute façon, ça passera de façon inaperçue. Tout le monde aura oublié… » Bravo, Mademoiselle. Et bravo le style de vie à l’américaine !... » Et donc nous retrouvons en demi-finale du second Loft David-le-beau-gosse et sa racaille de partenaire, déjà lassés au bord de la piscine IKEA au bout de la troisième semaine et conscients de la futilité de toute la situation qui les concerne : « Ah, c’est une drôle d’aventure qu’on est en train de vivre tous les deux… » (On y croit…) Et la cagole de faire : « Ouais… » Quel malheur ! Tout ça pour gagner deux cent mille Euros ! Et des gosses de treize ans regardent ça. Le comble du sordide bon enfant que l’on fait avaler aux gens dans la pire banalité paranoïde des choses ! Que feriez-vous pour réussir ? Quelle pornographie juvénile tertiaire ! Je pense même qu’à la place du service militaire on devrait faire faire aux jeunes dès leur majorité cinq mois obligatoires de « Lof Story » ! Ce serait possible… Mise à l’épreuve due à la banalité de toute la chose ? Société moderne qui assumerait complètement sa duplicité ? Possible…

Pour finir, je dirais qu’il y a aussi ce « film » assez surprenant et consternant quoique plaisant voire complaisant (qui n’existe qu’en DVD à acheter à la FNAC où à commander sur Internet) où l’on voit pendant deux heures une vingtaine d’anciennes « stars » de la télé-réalité – uniquement des jeunes femmes aux airs d’actrices porno – qui s’affrontent comme des gladiatrices presque nues dans une arène, pour de bon, filmées avec des moyens et tout (d’ailleurs, le film s’appelle « Les Gladiatrices », je ne sais pas si vous connaissez…), pour peu qu’à chaque fois il doive y avoir une gagnante et une perdante et qu’il faille passer aux suivantes tel un véritable tournoi de pacotille (…mieux que Street Fighter II !) Et donc au bout de combat foutral qui met en scène des greluches qui se volent dans les plumes et se tirent les cheveux en criant, on voit pareilles finalistes se débattre et se rouler l’une sur l’autre en string et topless dans la boue. Même après ces actrices-là passent chez Thierry Ardisson le samedi soir pour faire la promo de leur DVD et certaines d’entre elles, alors dans une grande confusion, se mettent à pleurer comme des collégiennes au bout de quelques minutes de sarcasme de la part des autres quant à l’avilissement extraordinairement trivial du document audiovisuel auquel elles ont participé.


Juin 2006.


Mais il y a hélas encore pire dans le même style (ou dans la même veine) : l’émission « Next » sur MCM ou MTV, « programme pour la jeunesse » qui est, me semble-t-il, le summum de la vulgarité, de l’obscénité absurde et de l’arrogance communément admises voire de l’abêtissement général (ou est-ce l’inverse ? Le sont-ils tous déjà ou s’entre-influencent-ils ? Qui est donc l’enculé d’la gueule de metteur en scène et producteur chevronné et subrepticement insidieux à l’origine de cette plaisanterie systémique de très mauvais goût ?!... D’ailleurs, « Next » pourrait être traduit par « …Au suivant ! », ce qui est très humain…) Ce « jeu », donc, (puisqu’il s’agit, paraît-il, d’un « jeu », originalement d’une « émission de télé-réalité américaine », cela n’étonnera personne…) consiste en une sorte de speed dating durant lequel, dans chaque épisode tout à fait édifiant à écouter et à mater, un panel de cinq adolescentes, toutes plus sexy, attirantes et stupides les unes que les autres, doivent séduire un jeune homme assez accort et averti. « Fais attention à ce que tu dis ou sinon tu risques de dégager ! » Sur la base de rendez-vous de cette nature, les cinq prétendantes sont donc cachées du candidat à séduire dans le bus « Next » et n'en sortent que l’une après l’autre, une fois la fille précédente éliminée, et ces jeunes demoiselles pratiquement en petite tenue (avec des mini-shorts, des tongs et tout, comme des Barby-pouffiasses) attendent ainsi toutes à bord du bus placé à certain un endroit de la ville alors que l’on peut assister aux propos colorées de leur pseudo-copinage qui en effet ferait bander n’importe qui. Au moment où chaque candidate descend du bus, on a droit aussi à une petite description de la personne, et la fille sort du bus et apparaît d’abord devant nous puis en face de l’adonis vaniteux et quasi-métrosexuel. Une fille, par exemple, à côté de la porte du car, se présente, fringante, très attirante, lubrique, niaise (le font-elles exprès ?) : « Salut, je m’appelle Jessica, j’ai dix-huit ans, je viens du Texas. J’aime faire du shopping à Melrose Place et les mecs qui s’épilent les parties génitales. Je sors d’une relation qui a duré trois ans, alors je suis prête à nouveau à m’envoyer en l’air ! » Une autre : « Salut, je m’appelle Kimberley, j’ai dix-neuf ans, je m’fais pipi dessus quand je ris trop, je me vomis d’ssus quand j’ai la tête en bas et je déteste le mot « caniche. » Une autre encore : « Salut, moi c’est Devon, dix-neuf ans, je viens de l’Iowa. J’adore me regarder les épaules dans une glace et récemment je me suis faite virée d’un fast-food parce que je m’empiffrais pendant mon service. » Et pour conclure, en apothéose, une fille black bien mastoc qui se présente : « Salut, moi c’est Lateefah Queen, j’ai vingt ans. J’aime les mecs qui ont des plaquettes de chocolat à la place des abdos et je suis connue comme étant la « Tiger Woods du glaviot » – alors attention les puceaux ! » Et elle crache effectivement, avec énergie et abondance, un mollard bien fourni par terre à côté de la caméra près de la portière du bus, même s’il aurait mieux valu qu’elle le fasse directement sur l’objectif à partir de la distance où elle était, comme l’eût fait Johnny Rotten en son déjà illustre temps de décrépitude, ça, ça aurait été mieux que tout l’reste (mais ce n’est même pas ce genre de vanité.) Et, à tout moment, généralement lorsque la discussion semble subjectivement défaillir vers le malaise entre les deux « acteurs porno teenagers soft » (…« espèce de mongolienne !... », why not ?), le petit con inencadrable se met à déclamer « Next », si bien que la prétendante soit éliminée, recevant un Dollar pour chaque minute écoulée en dehors du bus en la compagnie du « beau gosse » à la con. De plus, à n'importe quel moment, le candidat principal peut proposer une seconde entrevue à sa prétendante, celle-ci pouvant accepter et ainsi faire une croix sur ses dollars accumulés, ou bien refuser et conserver l'argent précédemment gagné parce qu’il y a affinité. Toutefois, si le rencard se poursuit d’un commun accord, on voit ensuite ces quelques couples se fréquenter et pratiquer des « activités ludiques » comme les confections de tatouages, de t-shirts, de piercings, d’aller au bar sélect en centre-ville à bord d’une limo ou de jouer au hockey sur gazon, de se rendre à une fiesta autour d’une luxuriante terrasse avec piscine et convives exubérants à la con, de se raser les poils sous les bras, sur le torse, sur les fesses ou dans le dos, parce que, « You understand, Stevie ? ça fait sale, et il faut que les mecs n’ait pas de poils au couilles pour m’éviter d’en avoir plein la bouche quand j’les broute » – des trucs comme ça, c’est fun, ça l’fait, c’est amusant, bon enfant, « avec une ambiance jeune et décontractée », publicitairement funky… (Youpi ! C’est la fête !! Alors attention : Usher arrive sur la scène avec des lasers bleus et verts, ses baskets blanches et ses lunettes noires de Terminator et il fait à la foule en délire : « C’est la fête ! Poppers et Bentley pour tout l’monde – ouais !! » « C’est toon à mort ! »…) De cette façon, après un entretien vaguement hétérosexuel qui ne plane pas très haut au raz des paqu’rettes et dont je ne ressens aucun intérêt de vous en énumérer le dialogue robotiquement souriant et consternant de platitude, je répète que, si le mec est satisfait, il propose à la fille soit de partir avec une certaine somme d’argent équivalente au temps où elle demeura avec lui, soit d’abandonner ce fric et de partir avec lui pour poursuivre l’aventure, soit, de la façon la plus malpropre qui soit, celui-ci la jette au premier abord ou peu après contre un Dollar si elle ne lui convient pas au bout d’un certain temps, comme un tas de viande pour une raison que je trouve toujours absconse (une fois, par exemple, il y avait un jeune noir arrogant et visiblement fier de sa musculature en marcel blanc au mois de mai qui avait jeté une petite blonde – à qui il avait demandé de lui montrer son cul moulé par le jean – en lui prétextant qu’elle avait de trop petites fesses pour sa dick, et la fille de répondre de tout go : « Tu peux toujours kiss my ass ! » Il n'est pas rare que les candidats passent aux prétendantes suivantes à peine que celles-ci aient posé le pied dehors. Dans un certain épisode, un candidat a éliminé les quatre premières filles au bout de cinq secondes, et, au bout d'une minute passée avec la dernière, il lui a proposé un deuxième rendez-vous. Confrontée au choix de gagner un seul dollar ou de remettre ça à une deuxième entrevue, la fille opte pour la seconde rencontre. La suivante qui passe près de ses copines avec fébrilité et qui sort : « J’espère que je ferais au moins un Dollar ! » Mon Dieu ! On montre de cette façon des adolescentes qui jouent aux salopes notamment pour si peu de fric ! Exaltant, n’e’st-ce pas ? Et ça passe à six heures de l’après-midi, c'est-à-dire à une heure où les enfants rentrés de l’école sont censés bouffer leur goûter (on devrait leur passer des films de cul aussi pendant qu’on y est !) Moi, de mon temps, je regardais « Le Club Dorothée », « Albator »… « Rémy sans famille »… vous vous rendez compte ? à la même heure…et je n’avais pas besoin de constater le spectacle actuel des chimpanzés qui voulaient se grimper d’ssus par intérêt et je me sentais dès lors moralement beaucoup plus élevé que ces gosses des « années zéro » (si j’puis dire) qui s’affichent avec des portables dès la naissance. Vraiment les gens ont pas honte, hein ? (la dernière fois aux Cinq-Avenues-Longchamps, alors qu’au sortir de chez l’un des mes anciens psychanalystes – en l’occurrence un « arabo-musulman » (tel qu’il le disait lui-même) qui plus est complètement con – j’étais allé me racheter un porte-cigarette que j’avais perdu, il m’arriva de croiser subitement une gamine de même pas sept ans qui, vêtue comme une lolita pour le moins précoce et sexy qui trottinait à côté du reste de sa famille avec un bébé dans le landau ambulant et tout, s’exclamait sur son portable : « Ah ouais, Jennifer ! C’est Jessica ! Là, on est aux Cinq-Avenues-Longchamps, on s’éclate ! Rejoins-nous à Castellane, on va faire la teuf ! Ouais ! » C’est la fête !) Et, pendant qu’une des candidates adolescentes de « Next » entreprend quelque chose avec le puceau in privacy but in front of the cam à l’extérieur du wagon, à l’intérieur de celui-ci, des propos captivants (on se demande qui les a écrits) vont bon train entre les autres filles qui attendent leur tour : « Ah ouais, alors euh…mon ex, c’était un mec de quarante ans qui avait déjà dix enfants !... », raconte Britanny, dix-neuf ans. « Dix enfants ? », s’en étonne l’une de ses interlocutrices en gloussant. « Mais ouais, c’était un mormon pédophile et il avait déjà neuf femmes dont cinq avaient à peine douze ans quand il les avait épousées parce que la loi l’y autorise dans cet état… ! », rétorque-t-elle tout sourire en suscitant l’hilarité des quatre autres gougnottes mortes de rire à côté comme des greluches. Et donc les gens admettent réellement que leurs enfants se comportent comme des « salopes » justement à cause des médias et au nom d’un enthousiasme dont on ne sait plus très bien s’il s’agit d’un « progrès » ? Et ce n’est pas l’obscénité qui me choque mais la stupidité presque volontaire et effarante de toute la chose. Il y a aussi la version de « Next » pour les gays ; et là je vous donne aussi les détails de cette horreur courante totalement insoutenable : des mecs qui séduisent d’autres mecs, qui se roulent des patins et se font des masques de beauté et des piercings sur la langue dans l’hilarité en plastoc des comportements de petits gobe-étrons aux cheveux ébouriffés façon jet-set de David Guetta à la con, en pantacourts, marcel fluo et tongs de pédés qui attendent leur tour dans un van dans le but à la fin certainement de se la mett’dans l’cul off record avec de l’oseille …(« Ah, voyons, pourquoi la caméra n’est plus là ? C’était ça justement qu’on ( ?) voulait voir ! »)… Cette fois-ci, dans l’wagon, une petite pédale un peu brutale et sardonique demande à une autre encore plus désinhibée et insupportable : « Quel est l’endroit le plus fou où tu t’es fait mettre ? » Et le petit sodomite soi-disant aguerri et décomplexé de répondre séance tenante et naturally : « Dans le parking d’une église baptiste. » Puis, un autre petit con en tongs à côté de faire une plaisanterie d’un goût douteux pour meubler la « discussion », se croyant certainement drôle : « Ah ouais, tu t’es agenouillé devant un gros cierge ! » Puis, finalement, le dernier « candidat » vient de refuser de partir avec le « fils de Schwarzenegger dans une version en caleçon rose et orange » et empoche l’argent, fier de lui, l’envoyant paître et déclarant vouloir continuer « l’aventure » mais sans celui-ci. « Il aime le pognon ! », s’écrient dans un élan d’enthousiasme général toutes les autres tarlouzes dans l’car. « He’s fucking right ! Il est à fond dans l’truc ! Ouais !...» – entre autres choses d’un niveau très discutable. Et on se demande passablement qui est censé regarder ça sans avoir besoin de vomir sur notre société, sur nos semblables, sur nos « jeunes » et sur cette époque généralement ignoble où l’on essaye de faire passer pour de la « joie » quelque chose d’inconcevable, de totalement niais, d’aberrant et d’insupportable…

Mars 2005.

Une nouvelle chaîne que l’on ne pouvait capter que dans la région PACA venait de voir le jour, la LCM, la chaîne de Jean-Pierre Foucon. En la regardant avec ma sœur, nous étions pliés de rire dès l’départ. Franchement : un mec qui travaille dans un camion-pizza, vit au Panier et qui dit que sa passion, c’est les pizzas et qu’il aimerait acheter et lire tous les bouquins qui parlent de ça et aussi faire des films sur les pizzas et qui confie au journaliste – tout en regardant chez lui sur le magnétoscope de son salon vétuste la séquence de « Blade » où la foule de jeunes démons danse dans la boîte de nuit underground sous la douche qui pisse du sang – qu’il est un vampire, donc. Passionnant, les mecs ! Je veux l’intégrale en DVD pour la Pentecôte ! Il y aussi l’émule trentenaire de Cantona au crâne rasé et à l’accent phocéen lascif et guttural dont le corps est tout recouvert de tatouages et qui n’a visiblement pas grand’chose à penser dans son crâne chauve ni grand’chose à dire au pseudo-comique qui l’interviewe pour on n’sait quelle raison, du style : « Alors, tu vois, c’est pas compliqué, tu fais ta vie…Y en a qui voit des tatouages, moi je vois autre chose… Je vois…les images de la vie… » (et, qui plus est, ce même « reportage » édifiant est rediffusé une quinzaine de fois par mois ; d’ailleurs, chose amusante : quand on me dit qu’Eric Cantona est un comédien, je n’arrive pas à me sortir de la tête que ce paysan provençal est en fait un pizzaïolo en bas du stade vélodrôme.) Ou alors, d’un seul coup à seize heures de l’après-midi, nous retrouvons Miss Météo et ses copines chroniqueuses de vingt-cinq, trente ans qui évoquent et vantent les mérites de l’utilisation du vibromasseur et des godemichets dont elles exposent alors quelques articles sur le plateau – et attention : ni sérieusement ni drôlatiquement ni à aucun autre degré de l’esprit humain – et même elles philosophent sur le fait de comment le mieux possible se le foutre dans la bouche devant les caméras. Ou encore il y a les micro-trottoirs : « Que pensez-vous du fait que Kate Moss se soit fait chopper avec de la coke ? » qui font alors rejaillir toute la véracité populacière la plus grotesque, notamment des vieux marseillais interrogés qui marchent au Pastis. « Et alors ?!...Qu’est-ce qu’on en a à foutre de « Quéquète Moche » ?!... » Quand il ne s’agit pas, derechef, d’un sempiternel débat-pastis entre « Tonton-Jean-Claude à gourmettes » – sans pastis parce qu’il ne faut ni boire ni fumer à la télé – rediffusé en boucle et qui parle de l’avenir incertain de l’OM cette année en Ligue 1 (sans oublier les diffusions sérielles et occasionnelles de clips YouTube de deux minutes absolument aberrants laissés par des internautes marseillais et qui ont pour sujet eux-mêmes, leur propre vie merdique, si bien que « la petite Khadéra chante qu’elle est Khadéra » en bas du bloc – ÇA ME TROUE LE CUL !...)


Juin 2006.


Derechef, ai dîné avec mes vieux devant l’émission de variétés du samedi soir sur France 2 ou sur TF1, je n’sais plus, et, bien sûr, la choucroute au jarret de porc avait énormément de mal à passer. Et, évidemment, j’avais une de ces envies de cocaïne, mais alors !... Et je n’avais même pas une miette de shit. Du coup, il me fallait absolument boire deux ou trois verres de Whiskey dont j’allais m’évertuer à en dérober la bouteille planquée quelque part sous l’évier et surtout fumer clopes sur clopes comme un dépressif en écoutant péniblement le « Magnificat » de Bach downstairs dans ma piole en espérant pouvoir digérer et dormir cinq heures plus tard. Parce que, Bordel de Dieu ! j’ai toujours eu horreur, le samedi soir, d’avoir télévisuellement l’impression d’être, en France, dans un pays alors soudainement aussi kitsch et frustrant, je veux dire aussi baveux, sordide et de mauvais goût qu’un pays d’Europe de l’Est bon pour le kolkose, le suicide collectif et la prostitution des mineures de moins de seize ans. Alors imaginez un instant si toutes les drogues étaient légalisées en France : « Tu débarrasses … ? », fait Jean-Louis, barbouillé, à sa femme. « Connard … ! », lui répond impassiblement Germaine, la tronche écrasée sur la table de la cuisine devant le revival-medley Claude François, Jo Dassin et Boney M.


Et, naturlich, il y a Arte, avec ces sempiternelles soirées thématiques spéciales « Seconde Guerre Mondiale » que mon père ne manque jamais de visionner avec un zèle circonstanciel plein de « gravitude » sur le sofa, « parce qu’il dit aimer l’Histoire. » De concert avec lui devant ce programme qui, par des images d’archives, tend à expliquer cet épisode à bien des égards incroyable et incompréhensible qu’étaient le nazisme et la Solution Finale, je pensai d’un seul coup à un truc : mon père a toujours eu horreur de Wagner, de Nietzsche et des philosophes allemands en général et des musiques de Bela Bartòk qui semblent lui causer une souffrance et un harassement profonds, quand bien même il s’agit là du cœur de l’Esprit Allemand, de sa Kultur. Et, ce qu’il faudrait faire serait justement une compilation à son usage, consistant en un travail d’archiviste musical digne d’un petit génie audiovisuel de la Stasi : utiliser un par un tous ces plans des années 30-40, la répression des juifs, les pogromes, les rafles et les défilés hitlériens, et les rassembler dans un certain ordre superposé sur la musique pour cordes, percussions et célesta de Bartòk qui convient. Cela ferait un superbe montage-opéra de vraies images de l’époque sous la forme d’un vidéo-clip de musique classique surréaliste dans le style de Bunuel ou de Eisenstein. Et peut-être alors mon géniteur strictement italien comprendrait-il de facto toute la quintessence de cette Kultur du vingtième siècle ? La même chose étant envisageable avec « l’Hymne à la Joie » de Beethov’ façon Orange Mécanique (« Ah ! Mon fils, vous devez certainement parler du Programme Ludovico ? »)… Toujours est-il que, s’il faut en parler, mon géniteur siciliano-florentin a toujours été fasciné par cette période de l’Humanité dont il m’avait même avoué un jour qu’il aurait aimé être dans une autre vie un historien spécialisé dans certains événements du vingtième siècle, ambition au futur antérieur que je comprends tout-à-fait de sa part. Je ne sais plus si, dans ce livre mien que vous détenez, j’ai déjà parlé de mon père plus ou moins longuement, bien que la chose ne soit guère facile pour moi. Je suis impressionné par mon père ; il m’a toujours fait penser à une sorte de demi-dieu olympien, une espèce de « Héraklès jovien » voire plus simplement au genre d’hommes politiques qui sévissaient en Rome Antique à l’époque de Néron ou quelque chose qui y ressemblerait. En outre, j’aurais le plus grand mal à dire ou à définir la position politique du dénommé Jules Corsini ; certaines personnes de ma famille, d’ailleurs, n’hésiteraient pas une seule seconde à penser (et non pas à dire ouvertement) de lui qu’il est un « fasciste » ou un « rétrograde ». En effet, mon père est habité par une forme de cruauté et de misanthropie qu’il ne m’a jamais cachées – et je ne vois pas pourquoi il l’aurait fait. Mon père à présent a presque soixante-cinq ans, il travaille toujours dans le bâtiment bien que son fils, « un schizophrène » comme ils disent, ne fasse, il est vrai, rien depuis des années pour gagner sa croûte. Il a l’air en forme, il a encore des ch’veux et toute sa vivacité d’esprit, et je confesse que je lui dois tout ce que je possède encore à ce jour ; s’il n’était pas là, je ne vois guère comment je m’en sortirais. Pour en revenir à ce dont je parlais précédemment, « Jules-le-Crabe », tel que je le surnomme, nourrit donc une véritable assiduité digne d’un artiste pour toutes ces histoires de nazisme, de Troisième Reich, le parcours et la vie de cet authentique fou furieux que tous connaissent sous le nom de Adolf Hitler. Mon géniteur, autrement dit « mon Dieu », a lu et vu tout ce que l’on pourrait imaginer au sujet de la Seconde Guerre Mondiale, sans parler des fictions, des reconstitutions voire des bandes dessinées où s’illustrent des héros de l’Amérique des années quarante (qui plus est, tout-à-fait récemment, je lui ai même recommandé de lire « Les Bienveillantes » de Jonathan Littell, si bien qu’il se soit jeté dessus et se goinfre à présent littéralement de cette « littérature inhumaine » chaque jour.) Quoi qu’il en soit, on voit ici très bien de quoi je veux parler : nos pères seront toujours des conservateurs et des flics, alors que les autres qui se voient en gauchistes ne sont que des tchandalas et des laxistes. L’existence de la « ganache » n’a que très peu d’importance dès lors que l’on observe la déliquescence qu’exposent tous les autres chaque jour. Et à quelle époque vit-on de toute façon ? A une époque où l’on ne peut plus rien dire ou faire de « politiquement incorrect » (et ce concept même est très discutable et équivoque) en risquant de passer justement pour ce que vous appelez un « fasciste », sans même parler d’un quelconque « esprit réactionnaire », mais plutôt d’une liberté de ton et d’un naturel que l’on ne peut plus avoir de nos jours qu’en cercle restreint, pour peu que la confusion entre ce qui serait politiquement subversif et ce qui relèverait de ce supposé fascisme soit devenu inévitable – et on ne sait plus très bien qui défend qui. Peut-on admettre que « fascisme » et « gauchisme » n’ont pas lieu d’être dans un système de pensée ? Par contre, que l’Homme soit confronté à la violence quelques soient l’époque, les mœurs et les codes, oui, je le pense complètement ; et ce que l’on appelle « la Solution Finale » est totalement compréhensible dès qu’on replace cette idée dans un contexte particulier où l’Humanité tout entière ne mériterait guère toutes les attentions que l’on serait censé lui porter. Et il est vrai aussi que si j’avais vécu à une autre époque j’aurais voulu mourir sur un champ de bataille, la hache en la dextre, alors qu’actuellement le « Pays » n’existe plus. Toutefois, malgré l’aveuglement du « peuple occidental » (façon de parler), malgré cette féminisation, cette émasculation, cette édulcoration lente de la société contemporaine où finalement les vertus les plus fortes et draconiennes sont réprimées et mises à un arrière-plan dont personne ne veut plus dire le nom, malgré ces pensées misanthropiques de mon père au sujet de cette immonde civilisation moderne dont nous avons héritée depuis la défaite des Allemands, je persiste à croire que les plus grands esprits restent Nietzsche, Wagner, Beethoven, Freud, Mozart et les membres des premiers cercles viennois de la Psychanalyse, et que, de toute manière, toute cette rancœur et ce venin peuvent être rachetés par la tendresse d’un Lohengrin, l’intelligence de l’autrichien Freud ou le désir qu’avait Beethoven au travers de ses compositions de dépasser l’existence des peuples vers un véritable « Empire européen » où dès lors l’idiosyncrasie cosmopolite, étatique et misarchique, en définitive, n’aurait eu que peu d’intérêt face à la passion et à la volonté de puissance de ceux qui eussent brandi un tel glaive et un tel étendard. Or, tout cela demeure un rêve que je partage et dont je reconnais à ce jour qu’il n’est rien de plus que cela : un idéal désormais désuet voire le plus majestueux des Phénix dont les plus précieux d’entre nous peuvent tour à tour tenter de raviver les cendres… Toutefois, permettez-moi de forclore cette parenthèse paternelle et revenons à notre examen de la télévision française contemporaine.


Ensuite, j’aimerais parler des émissions de Jean-Luc Delarue qui sont tout d’même une sorte d’exposition courante de l’humiliation moderne de type individualisé, un cauchemar misérabiliste à la taille de « Jean-Luc-le-Trouduc », le cocaïnomane qui fait penser à un businessman dépourvu d’identité, avec ces lunettes de vue sobre, son visage glabre, neutre et très strict et son costard de jeune cadre dynamique faussement intello. Alors, ma couille, c’est du style : « A partir de quel âge t’as commencé à t’droguer ? » «Tes parents, ils l’ont su quand que t’étais alcoolo ? » « A quand remonte ta première fugue ? » « A quand remonte ta première cuite ? » « Qu’avais-tu à l’esprit en taillant une branlette à ton agresseur qui t’avait invité chez lui ? » « Qu’est-ce que tu avais ressenti en t’faisant violer à l’âge de onze ans par ton beau-père ? » « A quel moment de ta vie t’as commencé à faire du porno ? » « C’est une expérience qui t’a traumatisé(e) ? » » L’ensemble sur un ton très monocorde, bienveillant et instrumental, on se croirait dans un commissariat-spectacle de police psychiatrique où l’interrogateur en question, avec ses allures très objectives censées dénoncer quelque chose, semble tirer profit du fait, par exemplarité des cas évoqués, de la déchéance des adolescents dévoyés ou de telles ou telles victimes de notre société …(selon je ne sais quels critères de bienséance, de surcroît) qu’il questionne durant sa « session » (qui est énorme ! ‘ Faut voir ça !) supposée nous informer sur le malaise de notre civilisation actuelle. Et on dirait que tout le monde s’accorde respectueusement sur le fait d’avoir de l’empathie intimement généralisée dans ce cercle, parce que, vous comprenez ? « on y parle de choses graves et profondes qui nous concernent tous, les gars… », « cela fait partie d’la cure », ou des conneries comme ça… Mais le meilleur, c’est quand des femmes violées viennent témoigner sur leur histoire évidemment aberrante que l’on écoute alors avec un semblant morbide de religiosité collectivement concertée. Un véritable extrait du « Marquis de Sade » ou un roman russe télévisuel dont on pourrait éventuellement faire un film porno réalisé par les soins de « il Signore Siffreddi » ! Alors, attention : après « Humiliés et Offensés » de Dostoïevsky, voici « Humiliées et Défoncées » de Roccoïevsky – le n° 4 de la série étant bien sûr un must au casting éblouissant reservé à un public restreint et averti ! (version avec les commentaires audio des auteurs)…(et aussi : « Où faut-il s’inscrire ? ») … Je préférerais toujours voir ça plutôt que l’émission du lunettu tête-à-claque que j’aurais envie de torpiller et qui me donne surtout envie de me jeter par la fenêtre quand j’la vois (après, en l’occurrence, avoir participer à la soirée spéciale : « Vous êtes schizophrène, vous vous prenez pour Superman alors que vous êtes paralysé depuis trois ans et vous n’avez qu’une seule envie : pouvoir miraculeusement un beau jour violer votre voisine de dix-sept ans sur le carrelage de votre cuisine à deux heures du matin ? Venez témoigner, contactez Lydie à ce numéro si vous voulez vous branler au téléphone !… » Voilà. Et aussi, avis aux cocaïnomanes cancéreux et claustrophobes qui veulent se suicider.


De surcroît, j’en profite pour dire que, par-dessus tout, j’adore partouzer la fille de la météo sur M6, que ce soit à vingt heures moins-le-quart ou à une heure du matin, il m’arrive de ne pas rater son apparition, notamment juste avant les « Guignols », me semble-t-il – et elle sait qu’elle peut compter sur moi, que je serais toujours là, prêt à me branler sur sa gueule. Justement, me voilà donc en train de m’asticoter le manche sur la tronche de la fille charmante et sexy comme une Barbie qui dit qu’il fera demain vingt-deux degrés à Cherbourg – et j’imagine alors tous les trucs les plus dégueulasses uniquement pour la garder dure le plus longtemps possible et pour arriver à lui éjaculer d’ssus en notant au passage s’il y aurait une réaction miraculeuse de sa part tout le long de l’exécution onanique personnalisée dont il s’agit. En effet, je constate parfois avec bonheur que la préposée à la météo semble savoir énigmatiquement ce qui se passe de l’autre côté d’l’écran – et d’un seul coup je la vois en train de pouffer d’euphorie et de se retenir d’éclater de rire juste au moment où non seulement l’image la plus parfaite de la vision que je me fus faite de sa luxure transposée se fut harmonieusement connectée à sa courte présence télévisuelle mais aussi au moment où mon érection manipulée fut, comme par hasard, la meilleure qui soit. Et parfois dans mes jours les plus fulgurants, au cours de mes performances les plus saines sur la tronche souriante de ces présentatrices, j’avais vraiment eu l’impression qu’elles pouvaient donc le sentir ou le savoir et qu’elles ne savaient plus où se mettre tant leur hilarité immédiate fut mal aisée pour elles à dissimuler davantage au-delà de trois minutes devant l’objectif (en direct ?) « Bonne nuit à tous sur M6 ». Jingle : « La Météo, c’est avec la raclette Foutremont ! Foutremont, c’est foutrement BON !... »


Plus récemment encore, je suis retourné sur le journal de vingt heures sur TF1, et je fus très surpris par ce reportage, tout à fait édifiant, qui montrait à quel point il est facile de nos jours pour une gamine de douze ans d’aller acheter de l’alcool dans un supermarché, peut-être trois, quatre packs de bières aromatisées à la Vodka-Orange que la p’tite Léah se fut procurés sans aucun problème en passant à côté de la caissière débonnaire, avec en plus une bouteille de Téquila. Et après cela, la jolie mioche, complètement mièvre et attendrissante, explique devant la caméra du J.T. avec ses copines dont le visage, ainsi que le sien, est bien sûr flouté : « Parfois, ils mettent des trucs aromatisés genre, je sais pas, « Malibu coco »… Moi, j’aime bien celui qui a le goût d’citron. L’alcool c’est comme de la limonade mais un peu alcoolisé !...», dit-elle en riant infantilement. « Ah putain ! Franchement, les mecs ! Moi j’aime bien, les gamines de douze ans qui boivent. D’ailleurs, ça tombe bien : j’ai toujours dit aux pucelles que je m’appelais « Bite-au-Citron-Vert !... » Yeah ! C’est aromatisé ! Is that Rock’n’Roll, Babe ?!! Come on ! Let’s have some fun right now ! Voilà ouais, ça intéresse quelqu’un ?… « Vous avez des plans pour ce soir, Docteur Gonzo ? »


Septembre 2012.


Il y a aussi depuis quelques temps « Touche pas à mon Poste » sur D8, une émission aussi aberrante que tout le reste que je viens déjà d’énoncer et d’évoquer, aussi vais-je donc vous en expliquer quelques modalités. Il s’agit d’une émission-télé basée sur la télévision en général, c’est comme le making-off, « le tournage du tournage », « le film à l’intérieur du film » voire au-delà, pour peu que ce ne soit pas la première fois que la chose est ainsi faite, bien avant qu’existe la TNT et l’inévitable généralisation et banalisation actuelles des chaînes câblées ; bien avant la naissance de D8, de nombreuses émissions « endogènes » de ce genre avaient déjà eu lieu sur le canal analogique ; et la chose s’apparente en effet à une émission où les gens parlent dans une sorte de salon pour commentateurs où tout le monde veut fastueusement s’afficher médiatiquement (on n’sait plus pourquoi) et donner son avis via des ragots de sorte à intéresser les gens qui les écoutent. Le spectacle qu’offrent ces « amis », ces membres aléatoires de « Touche pas à mon Poste » qui prennent l’apéro sans pastis, fait exactement penser à une conciergerie qui essaierait de se convaincre elle-même de son humour camarade et du bien-fondé de ses « commentaires », alors que si cette émission n’avait jamais existé, nous serions obligé de croire que cela n’eût intéressé personne qui ne s’y fût d’abord habitué, je veux dire : le fait d’écouter et d’observer ces gens-là dire de telles conneries au sujet des autres et de tout et n’importe quoi qui passe donc à la télévision dans une sorte de temps immédiat. Cyril Hanouna dans le rôle du maître de chapelle est profondément nul et simiesque, – c’est un désastre télévisuel quotidien ! En outre, je me demande d’où lui vient son arrogance toute juive (« il a eu de la chance », comme certains autres, d’ailleurs…), ses opinions sont profondément inexactes et niaises quant à propos des gens et des choses qu’il « analyse », raille ou évalue (…Ne serait-ce qu’une mauvaise plaisanterie ?…Une fois de plus : « …le fait-il exprès ? » Ça donne la frousse !...) et je dois dire que le pire demeure en ce qu’il fasse semblant de rire ou d’éclater de rires de temps à autre, d’une façon si flagrante et si peu naturelle (…même Gildas n’y était pas aussi bien arrivé en son temps, et en effet notre société se pédérastise de plus en plus, comme peu à peu insidieusement débarrassée du sacré qui jadis entourait les choses (« … on n’en voit plus le fond du trou du cul… » « C’est extraordinaire !... ») De cette façon, ces onze ou dix personnes présentes en face de lui dans ce panel, ces « chroniqueurs pseudo-caustiques », ces « rubriquiers n’étant pas des penseurs », ces « parleurs » ou ces « beau-parleurs » « anti-intellos » (c’est ignoble !) qui veulent refaire « Nulle Part Ailleurs » tels de « faux-potaches » ainsi rassemblés sont tout de même le symbole d’une société où les choses se sont tellement généralisées et vulgarisées que la parole et la pensée n’ont plus le même sens et la même importance ou la même portée qu’avant une période qui fut déjà récente et qui n’était même pas encore « la préhistoire de la télévision » – et la situation va de plus en plus vite et se désagrège dans un habillage et une ambiance certes toujours plus bon enfant, connivents, entraînants, en dépit de ce qui s’y oppose, c’est-à-dire la bonne logique des seuls véritables jugements que l’on devrait avoir sur les choses, aussi petites et futiles soient-elles. Là, on a affaire à des points de vue de la part de gens qui croient en leur cohérence et qui en même temps ne se rendent pas compte de la vanité extrême et accessoire que leur passage télévisuel soi-disant comique constitue, eu égard à un succès de panurge (… surtout si on considère qu’en ayant un point de vue sur la télévision on a donc inévitablement aussi un point de vue sur toute la réalité humaine en général, sur la « vie »…. si bien que la digression, la dépropriation, le plagiat, la périphrase et le hors-sujet en soient une condition irréfutable, implacable et ouverte à la veulerie de n’importe qui « parce que, vous comprenez ? c’est la démocratie des uns et des autres clampins qui en décide… » Cette situation, à bien y regarder, est affreuse !... Et «…si c’est pas toi, ce sera forcément un autre con qu’on invitera…» «Voulez-vous aller y faire un tour quelques temps ?... ça vous fera les impôts… ») Dans un absolu intra-humain ou interpsychique qu’il n’est pas nécessaire de préciser, ces « commentateurs » disent des choses tellement stériles et banales, si futiles et sans autre utilité que de rester devant un écran comme un zob, qu’on se demande comment il peut y avoir je ne sais quel public pour ça. « Alors…je me pointe sur la 58 avec ma télécommande à deux heures du matin et je vois Jean-Michel qui nous dit « J’aime bien quand Larusso passe à la télé… » Cela me semble pourtant facile à comprendre : on a récemment habitué les « spectateurs » à convenir de faits tellement dénués d’importance que l’on y voit plus rien (comme des zombies qui s’alimentent du produit de leur propre fondement !...) Tous des personnages complètement secondaires et triviaux que l’on écoute glorieusement du jour au lendemain dans des conditions de plus en plus infériorisantes et discutables « parce que, vous voyez ? c’est une bande de « joyeux drilles », une sacrée équipe d’impayables histrions qui parodient Patrick Sébastien tout en l’encensant grossièrement (« Sébastien Patoche » et son déjà tristement célèbre « Quand i’pète, i’troue son slip »… Mon Dieu ! Faites quelque chose !) Je n’avais jamais vu un gag dont les protagonistes voulaient se convaincre au point que l’on puisse être en droit de se demander si les gens croient encore en eux-mêmes et en ce qu’ils « fêtent » ou bien si les uns et les autres font vraiment semblant d’animer ce petit cirque à deux balles que sont devenus depuis peu les programmes de divertissement. C’est comme si on balançait au public une mauvaise caricature du tube de l’été depuis une stéréo portable – sans vraiment y croire non plus – et on s’attend à ce que les badauds (les zombies) fassent tout aussi semblant d’y participer). Je suis horrifié. L’esprit populaire en tongs et la vacuité de sac-poubelles à l’occasion d’une féria poussés à ses limites. Et surtout : « Applaudissez, les pédés dans le public !...» On peut visiblement faire ou animer une émission à partir de rien, je veux dire d’aucune idée précise… (« C’est la fête !... ») En outre, quand il est dit « Tu sors !... » à l’un des intervenants suite à une soi-disant mauvaise plaisanterie de sa part, ce serait plutôt toute l’émission qui devrait « sortir » du PAF et se retrouver ainsi à clampiner dans le public. De la même manière, j’imagine ce public, des gens complètement naïfs qui se soumettent aux jugements ou aux opinions sortis d’on ne sait où de la part de ces crétins-là – en quel honneur ? On n’sait plus très bien… J’ai même envie de dire que je regarde parfois cette émission parce qu’elle arrive à me faire croire – très facilement – que je suis au-dessus d’un tel niveau, cela me rassure sur ma propre connerie ; du coup, on a de quoi restés tranquilles, il y aura toujours plus intelligent, c’est assez simple… (voilà certainement la véritable utilité de cette émission qui, je dois l’avouer, ne vaut la peine que pour la rubrique de Jean-Yves Lemoine – et encore...)

Après, que nous puissions désormais obtenir un tel rétrécissement de la perception anthopologique et une pareille perte de l’Esprit qui juge des choses et veut en même temps divertir est d’ailleurs comparable à une autre émission : « Le Petit Journal » de Yann Barthès. Il est tout de même extraordinaire que, sous prétexte de jouer aux divertissants avec l’actualité, on puisse à ce point porter des avis facétieux sur les gens parce que Laurent Delahousse a dit « Monjour » à la place de « Bonjour » et autres détails grossis cent fois trahissant la mesquinerie et la petitesse des auteurs de telles rubriques qui miniaturisent l’esprit humain par spécialisation de tout. Mes compliments aux pauvres petits cons qui regardent la télévision sans s’arrêter, cherchant de partout comme des branleurs, et qui montent ainsi la réalité avec la télécommande d’une table de montage numérique pour en faire un « journal » ! On se fout de la gueule de qui ?!... C’est tout d’même dingue : la dernière fois je regardai ça avec mon père sur Canal +, et il m’a dit : « C’est quoi cette connerie pour les singes et faite par des singes où l’on voit qu’un homme politique a dit dix fois le même mot ?... Où va-t-on ? » (Qui plus est des singes « métrosexuels », très propres sur eux, politiquement corrects, bienséants, pseudo-civilisés et aussi limpides, conventionnels, couards, polis et dépourvus d’aspérités que leur propre niaiserie quotidienne ainsi affichée.) Le journalisme avéré n’existe plus ; non pas parce que les « vrais » journalistes n’existent plus mais justement parce que l’on arrête pas de voir les « faux » lorsque les « vrais » n’osent plus se montrer à cause de la figuration omniprésente et de la soi-disant « transparence » assumée des « faux ». « Ces crétins-là, ils existent donc, ils sont plusieurs et ils se rassemblent tous les jours avec un enthousiasme convenu pour intoxiquer et masturber le néant de ce monde !... », pourrait-on dire. Bunch of pieces of shit. Et, à mon avis, « Nulle Part Ailleurs » n’existera plus jamais, la chose ne fonctionne plus. Que sommes-nous tous devenus après toutes ces années d’agitation audiovisuelle pour rien ? Jamais Jean Yanne et Les Nuls n’avaient autant manqué à ce paysage audiovisuel contemporain qui pourtant fournit de lui-même toutes les raisons les plus éminemment matérielles d’être raillé, caricaturé et inversé à juste titre – et pas pour rien !...

D’ailleurs, la chose pourrait être bien plus talentueuse et riche de sens si les gens avaient un véritable courage et un véritable esprit : imaginez une émission comme « Touche pas à mon Poste » qui se passerait à la télévision française tous les vendredis soirs à une heure du matin et qui s’appellerait : « Il est une heure-moins-le-quart, l’Heure du Pétard » et durant laquelle quatre ou cinq artistes vaguement célèbres quoique d’authentiques acolytes, aléatoires et dotés d’un vrai propos sur l’existence humaine contemporaine (avec, par exemple, tout au plus trois intervenants immuables, permanents) commenteraient l’actualité en roulant et en fumant des pétards sur une tardive terrasse provençale comme des « poteaux » le feraient, buvant, arguant et boustifaillant littéralement comme lors d’un simple apéro filmé et retransmis en direct (sans aucune coupure) et dont les mêmes membres à longueur de semaines diraient vraiment ce qu’ils pensent de tout et de rien à la fois en se poilant avec sincérité, sans aucun obstacle à leur parole ni aucune pudeur (comme de vrais mecs), se foutant royalement des conventions et des conséquences de leurs opinions relayées çà et là, d’un cercle restreint jusqu’à des cercles totalement plus larges, s’exposant ainsi au danger médiatique présent dans toute notre société notamment émasculée, pervertie et corrompue par cette infamie que sont les réseaux sociaux dans l’immédiat – cela serait en effet une véritable émission de commentaires sur tout et n’importe quoi de la part de personnes qui seraient en effet particulières, cultivées, impertinentes (et aussi juvéniles). Mais, cela est à mon avis strictement impossible à ce jour, tant toutes sortes de problèmes réels pourraient rejaillir : si les gens, malheureusement, étaient « eux-mêmes », comme on dit, on les appellerait tout de suite des « fascistes » tant la convenance générale est de se taire, de ne jamais rien dire au sein du climat en fait paranoïde et fragile de nos médias.) Et il n’est même pas question de parler de « radio », de « talk-show » ou de je n’sais quoi d’aussi futile, vain et superficiel… Et là, pour le coup, la camaraderie existerait donc ainsi que l’humour (mais les instances et aussi le peuple lui-même ne pourraient bien sûr tolérer un tel naturel, un tel enthousiasme, une telle vraisemblable nullité faite exprès, une telle fascination pour le vide à proprement parler…


Septembre 2013.


Enfin, il y a la chaîne « Jet-Set-Buzz-People.TV-Non-Stop. 2.0 » à la con. Et donc on nous parle des faits, gestes et propos de ces gens-là, américains pour la plupart, censés être « célèbres », en fait de parfaits saltimbanques et frimeurs voire des renois tatoués et patibulaires qui s’amusent à jeter des liasses de $ sur la face de biatches nasty maquillées comme des travelots qui se déplacent en jets privés et vivent la « Fabulous Life » que tous aimeraient connaître : « c’est pour ça qu’on parle d’eux…» Dixit Nietzsche, « il y a les gens célèbres et il y a des gens comme nous. » (D’ailleurs, MTV n'est rien d'autre que ça...) Et, si on appelle ça une « presse » qui parle de « stars », jamais cette presse n’aura été aussi volontairement con, indécente et hypocrite, et jamais ceux que l’on appelle des « stars » n’auront été aussi superficiels, arrogants, creux, obscènes, clinquants, stériles, dépourvus de « propos » et indignes de l’intérêt qu’on leur porte. « A part ça ? Et si on regardait quand même cette chaîne pourrie ? Qui vient de faire scandale ? Qui dans ce carnaval abject a enfin montré son cul ? Justin Bieber s’est-il fait enculer en prison par des nègres après s’être fait arrêter à Miami pour toxicomanie au volant ? A-t-on enfin vu le troufignon de Miley Cyrus en gros plan sur scène alors qu’elle fumait des pétards en bikini devant un public de fillettes qui sautillaient comme des automates ? Et surtout : Rihanna a-t-elle récemment fait des photos d’elle à quat’pattes pour Penthouse ? » « Y-a-t-il une sextape d’Iggy Azalea qui circule sur le Web ? » « …Il paraît que Amy Winehouse était un mauvais coup… » Et aussi, pour finir : « Attention : il paraît que Justin Bieber est un transsexuel qui s’est fait ôter les nibards et mettre une bite ! » C’est un prêtre chrétien noir américain complètement niais et borné qui le dit. Et c’est le même pauvre idiot de bigot qui dit qu’Obama est en fait homosexuel. » « Champagne, les filles ! C’est la fête !... »



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RÊVE “MICHAEL JACKSON” ZÉRO

(Les Origines)



Pour conclure ce petit chapitre télévisuel improvisé (lequel, vous l’aurez compris, n’est pas anodin au cœur d’un livre comme le mien qui évoque le problème omniprésent d’après moi de la pornographie dans notre société post-moderne), je parlerais de la « Star Academy » et du fait que les gens de notre époque – et tout particulièrement les jeunes – soient amenés à croire en des qualités dont l’absence – de fait et non de droit – prouve la décadence inéluctable du contenu « qui, vous comprenez ? serait directement accessible à tout l’monde », quoi que ce mot « décadence », qui peut paraître dur à entendre, certes, puisse signifier à vos yeux ou vous faire dresser sur votre séance avec un autre mot vous venant immédiatement à la bouche, je veux parler du mot « fasciste ». Or, je reconnais qu’il y a quelque chose de profondément excitant là-dedans, autant pour vous que pour moi (surtout lorsque, à l’occasion d’une visite dans un vidéo-club ou un Virgin Megastore, je croise devant les bacs une merdeuse tout-à-fait métisse de seize ans qui chantonne à côté de moi comme par hasard quelque chose qu’elle a justement entendu récemment à la « Star’Ac » – et je me retrouve alors contraint d’éprouver deux sentiments assez ambivalents et occultés, dirons-nous…(parce que je suis quelqu’un de plutôt faussement courtois) : j’entends cette fille, assez désirable, je dois dire, à ma gauche qui fredonne du Balavoine ou je ne sais quoi d’une époque et d’un ensemble de choses surannées et obligatoirement kitsch qu’elle n’a pas dûment connues et qu’on lui a donc enfoncées dans la tête – et j’ai soit envie de mourir de rire, je veux dire « de me foutre de sa gueule » au sens le plus large du terme (et qu’elle s’en rende compte de surcroît, avec toute la bêtise d’une éventuelle offuscation quasi-incompréhensible), soit je suis mort de rage parce que je n’ai aucun moyen, intentionnel ou opérationnel, de lui sauter d’ssus et de la violer sauvagement dans l’immédiat, uniquement parce que je ne supporte pas la promiscuité de la médiocrité à l’occasion. Et si cette médiocrité vient d’une jeune femme, il ne faut pas oublier que « Bébé veut baiser »…Et qu’il n’ignore point ce que serait « le talent des jeunes femmes »…)

Alors, je voudrais vous exposer, maintenant, à titre de mémoire, une petite histoire pour vous à ce sujet, vous allez comprendre, vous allez voir. C’est une histoire merveilleuse qui m’a été bien sûr en partie inspirée par l’actualité de manière composite, c’est-à-dire celle de la plupart de nos gosses actuels – et c’est encore plus beau quand il s’agit naturellement d’une jeune fille : « Leslie » – l’appelerons-nous, par commodité, pour l’instant, – a tout juste quinze ans et rêve de devenir chanteuse ou actrice, peu importe de quoi il s’agit vraiment ; le fait est que tout le monde sait son désir de « faire de l’Art », ce n’est un secret pour personne et personne ne se pose de questions supplémentaires à ce sujet… (« Ah, si elle pouvait réussir dans ce milieu aussi difficile, ce serait formidable pour elle… », pourrait dire son père animé par la trivialité). L’adolescente dont il est question a eu un portable dès l’âge de cinq ans, connaît Internet comme sa poche et sait mieux se servir d’un ordinateur que moi qui suis en train d’écrire ce que vous lisez justement sur un ordinateur, parle « branché » et rejette par la même l’orthographe et la grammaire françaises sur ce même portable où circulent des SMS, possède une difficulté inconcevable pour ce qui est de la lecture (comme ces congénères masculins, d’ailleurs, cela n’étonnera personne…) et elle ne rate donc jamais un épisode de la fameuse « Star’Ac » qui nourrit ses ambitieuses et inintéressantes illusions artistiques, toutes velléitaires soient-elles. Et, la petite Leslie est physiquement assez belle, je dois dire, même excessivement belle, désirable, mièvre, langoureuse, pétillante, rafraîchissante bien que parfaitement vide de sens ou vide d’une richesse de significations qui remettrait dès lors en question tout ce en quoi elle croit et place son amour, c’est-à-dire son affection, celle d’une jeune femme condamnée au péril comme tous les autres qui ne sont en aucun cas acculés au « Progrès » – il n’y a aucun autre progrès que celui d’être déjà constamment quelque chose et de vieillir en connaissance de cause. Et, de facto, ceux-là sont encore plus exposés au péril que les autres. (Et, pour eux, le seul moyen de croire que l’on puisse échapper au Temps s’appelle « Vanité ».) Mais, où voulais-je en venir ? Ah oui ! « Star Academy »... Et la petite Leslie croit qu’elle est une « artiste » et veut donc s’accomplir au vrai sens du terme, c’est-à-dire comme tous les autres de son âge qui ne veulent point devenir caissiers à Carrefour (ou pire : à LIDL ! Mais il pourrait y avoir de la promotion), alors que le fait que tout le monde devienne « créateurs » ou « créatifs » (ce dernier « sous-terme » étant encore plus futile que tous les autres auxquels on pourrait penser), cela est essentiellement impossible ; et je ne sais absolument pas quelle est la part de vérité, des uns et des autres, dans le fait de rabâcher le contraire (…« Ah oui, je créé sur Internet »…« Nous sommes des artistes dans un espace qui nous est destiné… ») Je rappelle que les artistes composent une minorité de personnes dans notre société. Les vrais artistes sont une exception. Tout le monde n’a pas le Goût. « Tout le monde n’est pas « artiste », c'est-à-dire essentiellement des Créateurs ». Et notre société contemporaine, au lieu d’encourager la qualité de ce qui serait de l’Art, démontre, justement, au contraire et de surcroît, que ce que l’on pourrait appeler « des artistes » existera de moins en moins jusqu’à plus rien, c’est-à-dire jusqu’à ce que, effectivement, « tous ces gens soient des artistes » et que « tout le monde fasse la même merde » qu’après l’on pourra toujours s’échanger, comparer, commenter, estimer et copier-coller sur les réseaux sociaux, mais qui restera tout de même « de la merde », c’est-à-dire du relativisme de la pensée dû à la décadence du goût (Nietzsche). A qui la faute ? C’est très simple : lorsque l’on voit la plupart des productions artistiques à peine vieilles de vingt ou trente ans en arrière à partir des années 2000, on a affaire à une projection de cette même pensée qui était certes déjà fantaisiste ou recherchée et élaborée et qui pouvait à l’occasion se montrer riche de sens et susciter l’émulation. Or, cette expression de la pensée était déjà l’objet d’une certaine dégradation inévitable de l’Art en général conséquemment à l’époque dont il est question, d’une détérioration du goût, bon gré, mal gré et si tant est que de telles productions de l’Art possédassent quand bien même l’avantage de s’être beaucoup plus insérées dans la réalité, dans quelque chose de beaucoup plus naturel en dépit du fait d’avoir déjà dépassé (avec un certain courage, en outre) ce « naturel » qui était quelque chose d’acquis et de liminaire (et la génération de mes parents aura toujours mieux valu, certes). Mais, maintenant, si on essaye de « faire de l’Art » en se basant sur une telle valeur-limite qui nous précède, on finit par miniaturiser tous les espaces de la création, tant et si bien que ces fameux « créateurs » – qui prétendent défendre le statut de « liberté artistique pour tous » – ne se rendent même plus compte qu’ils font bel et bien « de la merde », que leurs tentatives sont débiles, vides et vaines et que cette « démocratie de la créativité » ne vaudra plus jamais celle qui la précédait d’à peine une vingtaine d’années ; et, au bout d’un certain temps, ces histoires d’apprentis-chanteurs ou d’acteurs adolescents à qui « on donne leur chance » finissent donc par devenir méphitiques. D’emblée, nos « artistes » les plus jeunes sont donc une bande de schizophrènes latents, des « hébéphrènes » progressivement et mutuellement détruits et « auto-affaiblis » dont on utilise les rêves et les ambitions pour faire tourner l’onirique machine à fric qui s’appelle « le Monde du Spectacle » ; et : « vos rêves peuvent très bien n’avoir aucune importance s’ils ne valaient pas quelque chose de purement lucratif en se basant sur votre ingénuité et l’gnorance des spectateurs ». On apprend ainsi de plus en plus aux gens et à leurs enfants à s’intoxiquer dans le but de supporter le fait de répandre cette difformité et cette incurie qui scandaliseraient, me semble-t-il, n’importe quel esprit un tant soit peu plus élevé que les autres. Dès lors, ne pas penser le contraire de ce mécanisme reviendrait à accepter un ensemble de valeurs nouvelles et aberrantes, sorties d’on ne sait où, que l’on essaye d’enfoncer dans la gorge et la tête des spectateurs, c’est-à-dire à valider cette intoxication de soi qui consiste à se voir en « artistes ».

Nonobstant ces quelques réflexions de ma part, il arrive alors que la petite Leslie est de plus en plus en train de nager ou de planer dans cette illusion qui semble la porter et de se nourrir de celle-ci quotidiennement par tous les moyens futiles et les accessoires possibles auxquels on peut recourir par le peu d’espace de manœuvre dont chacun dispose alors bêtement. Elle participe à la « Star’Ac » ou à des radio-télé-crochets comme le déjà désuet « Graines de Stars », et, bien qu’elle soit applaudie par des personnes tout-à-fait secondaires qui ne s’aperçoivent pas qu’elles sont aussi nulles que celles, tout aussi secondaires, qu’elles applaudissent, on demande à un tel public de voter, de donner des suffrages téléphoniques à des candidats qui doivent ainsi s’accomplir. Et, de la même manière que l’on fasse croire aux gens qu’ils sont plus que simplement des « citoyens » ou des « consommateurs » voire un autre genre de fonction dans la société contemporaine basée sur le capital, on leur donne l’illusion de décider de la qualité d’un « pseudo-artiste qui, vous comprenez ? débute » parce qu’ils votent pour lui, en direct à la télé (et, d’ailleurs, j’aimerais bien que l’on finisse exactement par me dire qui est ce « on » qui use d’une telle « démocratie » et influence à l’endroit des jeunes pour pouvoir justement lui vomir dessus tout en étant débarrassé de la peur du ridicule !) Si ce n’était pas le cas, si de telles pratiques complètement inférieures n’étaient pas dès lors établies, la révolution la plus sanglante, la guerre civile omniprésente, le viol collectif et la prostitution seraient permanents, parce que les gens qui, de nos jours, ont vingt ans ressentent, tout bonnement et connement, l’inextricable nécessité du « Rêve » et du « divertissement » et de se prendre pour le nouvel Elvis Presley sans pour autant que le contenu existe forcément, que ce soit à l’intérieur ou à côté de ce que nous aimons et faisons… (qui plus est, je me suis déjà rendu compte par moi-même de leur demande constante d’admiration, de leur besoin de rêver à l’endroit d’un « modèle » ou je ne sais trop quoi du même genre qui serait mis en exergue). Mais revenons à notre petite Leslie. Si tant est que son talent soit totalement discutable, elle reste persuadée du contraire, « d’assurer » et de – je cite – « déchirer ». Elle ne s’identifie plus au « troupeau » ; non seulement elle est le troupeau mais en plus elle n’est point malheureuse une seule seconde au sein de ce troupeau où elle passe avec les autres, lesquels sont tout juste bons à être massacrés comme le pire des bétails au-dessus duquel n’importe qui voudrait et pourrait vainement s’élever. Reproduction du rêve petit-bourgeois où la famille et la société voient la gamine réussir dans un métier qu’autrefois on désignait sous le nom de « saltimbanque » et qui signifie à présent que vous êtes le « Roi du Monde », que vous vivez « la Gloire ».

Puis, l’adolescente en question exprime avec l’arrogance de la jeunesse son « flot », comme ils disent, dans ses « créations » et perce alors à coups de vidéo-clips stériles dans un univers en plastique où ses chansons parlent de sa « foi » dans le fait qu’elle perce dans un univers en plastique où ses chansons parlent de sa « foi » dans le fait qu’elle ait percé – et tout cela, pratiquement en boucle, dépourvu de la réalité plus recherchée du « talent », si je puis dire, ne signifie plus rien… La seule chose qui demeure réélle consiste surtout dans le fait qu’à l’occasion elle se dise être le défenseur de ces gens délaissés et de cette plèbe ghettoïsée dont elle est certes issue : les gens de la banlieue, la population des bas-quartiers, c'est-à-dire du même niveau qu’elle et dont on peut voir alors dans les vidéo-clips les faces des enfants d’immigrés érigés en martyres d’on ne sait plus très bien quoi, excepté le fait d’être « naturellement défavorisés ».

Pour finir, la petite Leslie, ayant survécu à un viol en boîte de nuit en s’étant – habilement bien que fortuitement – joué de son agresseur, prend le bus, circule sempiternellement avec « solennitude » à travers la ville diurne et pense, songe, avec son beau visage de jeune fille qui en fait s’ennuie et qui pourrait très bien faire des photos érotiques sous la houlette d’un grand professionnel : « …Et je sais qu’un jour je déploierai mes ailes et prendrai mon envol. » Jusqu’à ce qu’un matin d’automne quelqu’un, un inconnu, un anonyme, probablement un puriste un peu délinquant au sale caractère s’étant trouvé là par hasard, la voie sortir d’un studio d’enregistrement et lui fonce dessus avec sa voiture pour la renverser et l’écraser, puis reparte tout aussi anonymement en courant à fond les bananes, comme le ferait le pire des chacals hallucinatoires. La presse monte l’affaire en épingle et tout le monde est ému par cette affaire lamentable, par le sort de cette « étoile filante », cette « Evita Peron du pauvre » qui a payé de sa vie, vous comprenez ? pour être « un artiste », « une chanteuse », « une danseuse », « une vraie » et « célèbre » (Amor Fati-ma ?) Et la question qu’il faudrait se poser est : « Qui a raison dans cette affaire ? Qui est responsable de cet aveuglement généralisé et consenti ? » Et aussi : « Le Loup – qu’il s’agisse du violeur infructueux ou de l’agresseur automobile anarchisant ayant aussitôt pris la fuite dès son forfait accompli – peut-il avoir, d’une certaine manière, si on réfléchit bien, tout à fait tort de s’en être pris de la sorte à ce que l’on pourrait appeler sa victime » ? »…



*


Et, pour apporter une conclusion de plus (voire une éjaculation faciale collective en guise de final), … imaginez le pauvre con de pédéraste chébran, mielleux, pseudo-cultivé et à moitié-bourgeois à la façon d’Ovide post-moderne de « Paris Dernière » (cette émission de télévision au-delà de minuit dont le « Nana » de Zola reste le meilleur substrat éthique de représentation et dont « Irréversible » de Gaspard Noë est le véritable sens résiduel ou fond du trou du cul de l’Enfer anthropologique), imaginez, disais-je, le schbèbe branché et bisexuel qui, par exemple, finirait réellement sa soirée parisienne et son long-métrage télévisuel tout en plan-séquence steadycam en s’envoyant pour de bon réellement devant tout l’monde des travelots au bois d’Vincennes ou faire des partouzes avec Michou en montrant sa tronche et son sguègue ou bien en allant pour de bon s’enfumer la tête à coups de marocco et d’cocaïne et d’crack avec de jeunes banlieusards casquette-jogging-basket qui en plus se foutraient de sa gueule de con sous le porche d’un immeuble dans une cité de la Seine-Saint-Denis ou de Saint-Ouen bien sordide. (« Mais non, voyons ! Il le fait déjà !... Que dites-vous ? ») Quelle émission extraordinaire ce serait dans ce cas ! J’aurais vraiment aimé voir ça sur Paris-Première à deux heures du matin, si tant est que le gugusse sans visage aille vraiment au bout de la démarche de sa « nuit mondaine », de son raisonnement accessoire ou de son vademecum pro-pornographique et du concept du document audiovisuel qu’il entreprend et réalise malgré tout ce qui peut être dit ou commenté à ce sujet, avec ou sans mise en scène…





 
 
 
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